samedi 18 avril 2009

Bateman returns

Comment rendre l'atmosphère si particulière d'American Psycho, que j'ai décrite dans le billet qui lui est consacré, cette atmosphère si particulière pleine de nuances et d'évolutions dans l'approche et la considération du personnage, dans un film d'une heure et demi ? La tâche pouvait s'avérer ardu, c'est vrai. Et la tâche est à moitié réussie par Mary Harron.

Avant de passer au film, parlons des acteurs, ou plutôt de l'acteur : Christian Bale. Je ne suis pas très fan de son travail, dans Batman Begins, sa tête me fait vomir, mais force est de constater que là, là, il est Patrick Bateman et son interprétation est magistrale dans un rôle tout en subtilité. Vraiment impressionné par la prestation, il sauve à lui tout seul le film de la banalité.
Alors, que donne le film en lui-même, en tant qu'adaptation du roman de Bret Easton Ellis ? Déjà, dans l'aspect purement formel, mon oreille a été écorché à plusieurs reprises : Paul Owen est devenu Paul Allen, Timothy Price est maintenant Thimothy Bryce, par exemple. Ce ne sont que des détails, mais ça a suffit à me gâcher quelques dialogues.
Ensuite, le livre fait la part belle à la folie meurtrière de Pat Bateman, mais également à sa noyade progressive dans cette société de yuppies tous identiques. Cette dernière est extrêmement bien rendue, bien qu'en absence de mise en place d'une progression dans le traitement de Bateman, on perd l'essence de la trame du livre, mais l'on ne peut adapter un livre de 530 pages en une heure trente de film. Ce point est donc pardonnable.
En revanche, là où le bas blesse, c'est dans le traitement de la folie meurtrière de Patrick Bateman. Christian Bale est parfait lors de ces scènes, mais la réalisatrice hésite, attend, se dit qu'elle va y aller, et puis non. Les scènes de meurtre, en plus d'être peu nombreuses sont à la limite du parodique : on montre, on se ravise, on regarde d'un oeil avant de s'arrêter. Digne d'une très mauvaise série B.
Les monologues de Bateman sont bons pour nous mettre en perspective la psychologie du personnage, mais son cynisme est absent, le lissant un peu.
Et je ne parle pas de la fin, qui est beaucoup moins subtile que celle du roman. Ce n'est pas parce que la réalisatrice possède l'image qu'elle ne doit pas perdre en finesse, elle peut filmer tout en enlevant ses gros sabots.

En bref, American Psycho est peut-être un bon film, il est semble-t-il plutôt apprécié par les spectateurs, mais pour moi, en dehors de l'interprétation de Christian Bale, c'est une adaptation en demi-teinte.

La bande-annonce :



1 commentaire:

  1. Trés bon film mais il faut rester attentif tout du long et surtout la fin pour comprendre le sens de la folie du personnage principal
    Puis oui comme tu dis les meurtres sont pas assez rock 'n roll..

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